Le
18/11 Pascal raconte son Ironman:
Compte rendu hawai 2006
Bien que je sois déjà
venu en 1999, je venais ici comme un nouveau, avec 2 objectifs
:
-en prendre plein les yeux à la " mecque du triathlon
"
-réaliser une course propre pas trop loin de mon niveau
et sans trop souffrir.
Je n'ai pas pu m'entraîner
beaucoup compte tenu que j'étais dans une période
de travail intensive(environ 12H/jour).Autant dire que depuis
fin août j'ai eu un emploi du temps de folie , me demandant
parfois le sens de ce que je faisais.
Compte tenu du peu d'entraînement auquel je pouvais me
consacrer,je jouais sur le fond important que j'avais acquis
depuis le début de saison et notamment la préparation
d'embrun.
Arrivé là bas,
la chaleur et surtout l'humidité se font sentir immédiatement.
Dès le lendemain, nous sommes dés 6h du matin
plongé dans l'ambiance. Il y a des coureurs partout,
des vélos plus beaux les uns que les autres qui passent
dans tous les sens. Déjà certains nagent alors
que le jour est à peine levé. La plupart sont
affûtés comme des lianes et " tankés
comme des Mercedes ".
Cà impressionne vraiment !. On se sentait tout petit(je
le suis).
Ici ce n'est pas le triathlon du puy où la plupart regarde
les valentinois comme " des costauds " qui vont peser
sur la course.
Ici tout est fait pour que les athlètes s'entraînent
afin de préparer la course dans les meilleures conditions
: panneau de circulation indiquant la présence de triathlète,
piscine gratuite, boisson énergétique sur le bord
de la route, balisage du parcours natation déjà
en place, massage gratuit, etc .
Le retrait des dossards se fait dans une salle où 50
bénévoles travaillent comme dans une fourmilière
où l'on est " checké " plusieurs fois.
La pasta est digne d'un show télévisé.
La parade d'avant course par nationalité ajoute un parfum
de J.O. Il y même quelques jours avant une petite course
à pied où les athlètes courent en slip
" gangourou " blanc afin de se moquer de tous ces
triathlète avec leurs supers tenues et leurs gros muscles.
Nous avons patienté une semaine, c'était un peu
long, je languissais la course et pouvoir enfin mettre fin à
cette longue saison. Mes genoux commençaient à
me faire mal depuis un mois, avec l impression de ne plus avoir
de suspension.
J'espérais des conditions difficiles avec beaucoup de
vent et une grosse chaleur, afin que le vélo soit dure
et moins roulant. Cela aurait permis d'user les organismes.La
course à pied aurait pu être un " véritable
charnier ".Je savais que si la course se durcissait je
serais avantagé.
Natation : le moment le plus émouvant et l'attente dans
l'eau avant le départ. Cela se passe sans bousculade,
avec de la music rock à fond suivi de chants hawaiien.
Pendant toute la natation nous sommes une trentaine(peut être
plus)de front sur une largeur de 50 mètres .Il n'y a
pas de cassure ni de groupe tellement le niveau est dense. Les
50 derniers mètres se font avec un mélange de
brasse et crawl. C'est comme si j'étais un " playmobil
dans un évier ".
Je sors quand même correctement sans jamais me mettre
dans le rouge. Un micro annonce les numéros à
la sortie de l'eau afin que les bénévoles vous
orientent au plus vite vers votre sacs. Il y a énormément
de cri, de panique, çà court dans tous les sens
: c'est de la folie.
Vélo : J'avais décidé
de partir vraiment doucement.
De faire un vélo propre, pour ensuite tout donner en
course à pied (dans les 15 derniers km) de manière
à profiter au maximun de la course. C'est ce que j'ai
fait, d'autant plus que le respect du " drafting "
était limite. Mais il fallait reconnaître que c'était
difficile vu la densité des athlètes. Quand il
se formait des groupes je restais bien en retrait même
parfois faisant carrément du " cyclo ".Je pensais
que çà allait se calmer. Tout le monde se regardait,beaucoup
ne roulait pas. Heureusement se fut de plus en plus correct
au fil des km. Il a tout de même fallu attendre le 120
ème km pour qu'enfin tout rentre à peu près
dans l'ordre. J'avoue que j'étais un peu déconcerté,mais
j'essayais de ne pas me déconcentrer et de prendre la
course comme elle venait.
Les conditions n'était pas celle que je désirais.
Il ne faisait pas très chaud(mis à part une portion
d'environ 30 KM) il a même plut.
Je faisais ma course sans trop forcer en pensant à la
course à pied. Je posais donc le vélo pas fatigué.
Je n'ai jamais entamé le marathon dans de si bonnes conditions.
J étais vraiment optimiste et je me disais que j'allais
en ramasser pas mal.
C à Pied : Je démarrais
donc avec de très bonnes sensations. Je me retenais même
un peu. La chaleur à ce moment là était
terrible. En fait je pense que c'était plutôt l'humidité.
Je transpirais beaucoup. Mes jambes étaient lourdes et
dés le 8ème km ça devint dure. Je croise
Eric sur " Ali drive ". Il y avait beaucoup de français
qui nous encouragé. Je rattrapais Eric vers le 12 ème
km en me demandant comment il faisait pour courir compte tenu
qu il boitait. Je l'encourageais. Il me dit qu'il n'allait pas
aller au bout. Je le " bousculas " avec quelques mots.
Le marathon a été une succession de passage avec
des sensations correctes et d'autres où je me demandais
si j'allais finir. Je doublais beaucoup mais me faisais aussi
doubler. Le flux d'athlète était discontinu. Je
me suis même fais doubler par 8 coureurs groupés,
comme on peut le faire lors de son footing dominical. Je me
suis alors joins à eux pendant au moins 3 km à
l'abri du vent .Cà me paraissait fou d'être aussi
proche les uns des autres après 8 h de course.
Arrivé à " Energie lab " le point difficile
du marathon j'avais vraiment souffert il me manquait de la force.
Je n'avais pas de problème musculaire ni intestinal.
La chaleur me clouait au sol. A la sortie de cet aller retour
difficile j'ai du marcher au ravitaillement pendant 30 mètres,
chose que je ne fais jamais !. Aujourd'hui je me demande comment
j'ai fait pour repartir. Je me souviens d'avoir pensé
à mes proches. A ce moment je n'ai plus aucun souvenir,en
repassant le lendemain sur le parcours en voiture j'avais l'impression
de ne jamais être passer ici(passage de 4km environ).
Je finis les 4 derniers km plus facilement, sûrement encourager
par la ligne d'arrivée qui etait proche.
L'arrivée fût un délire !. Il y avait une
ambiance de folie ..vous aviez l'impression que tout le
monde vous connaissez tellement on nous encourageait.
Deux personnes étaient là pour nous accompagner
et nous proposer massage,ravitaillement,infirmerie,etc ..
Nous nous retrouvons à coté avec François
CHABAUD pendant le massage. On se raconta notre course
Je me sentais malgrès tout un peu seul . On ne connaissait
pas grand monde donc petit moment de solitude avant de voir
Eric M. et enfin de pouvoir partager ces moments ensemble.
BILAN : Grosse satisfaction
de l'avoir fait dans de bonne condition et après une
saison bien remplie où j'ai même douté de
moi pour réussir toutes les courses que j'avais décidé
de faire(4 sprints,4 CD, 1MD, 2LD,2 Ironman)
Je ne remercierai jamais assez Eric qui m'a incité et
motivé pour cette " galère"
J'ai même failli ne pas y aller mais je ne pouvais pas
le laisser seul avec en plus ces galères de tendons
Je félicite éric pour son courage(c'était
surréaliste de le voir courir en boitant) ;il m'a "
bluffé par son opiniâtreté et sa volonté
:je ne connais pas beaucoup de personnes qui auraient fait de
même.
Ma petite déception c'est que la course n'a pas été
assez dure mais vu ma forme du moment j'aurai peut être
" explosé "
Je fais mon plus mauvais marathon sur ironman mais pour mieux
faire il faudrait orienter sa saison différemment et
le jeu ,pour moi,n'en vaut pas la chandelle. Car même
avec un bon marathon finir dans les 100 ne m'aurait rien amené
de plus.
Je remercie Benoît RACADOT(notre compagnon d'appartement)pour
sa belle préstation ,sa gentillesse,sa simplicité
.Il ne vient pas à VALENCE bien que l'on est essayé(il
avait déjà signé à Beaune) et en
plus il double éric sur la fin. En fait je sais pas s
il est vraiment sympa. Evidemment je plaisante
Je remercie toutes les personnes qui m'ont envoyé des
messages d'encouragements et de félicitations. Cà
aide et motive beaucoup ;çà aide aussi à
ne rien lâcher : on se dit que beaucoup aimeraient être
à notre place et ne peuvent pas(j'ai souvent pensé
à çà)
Je ne retournerai sûrement jamais là bas. Mes saisons
sont comptées. Aujourd'hui je ne sais toujours pas si
je continue le triathlon. Je vais me reposer ,faire autre chose,
(minimum 5 semaines sans sport),faire le point ,et ensuite je
prendrai une décision,l'étau se resserre.
Pour conclure je dirais que
n'importe quel triathlète se doit de faire un jour un
IRONMAN et pourquoi pas s'il en a les moyens celui d'Hawaii
Le 25/10: Eric raconte: HAWAII 2006
AVANT
LA COURSE :
Hawaii, c'est le mythe, le berceau de notre discipline. HAWAII,
c'est le gigantisme américain, une " folie "
démesurée
Les jours qui précèdent annoncent la couleur :
la ville de Kailua Kona vit à l'heure de l'IRONMAN. Pas
une boutique, pas un hôtel qui n'arbore pas le désormais
célèbre logo d'une des plus puissantes holding
des états unis
La très célèbre avenue ALLI DRIVE longeant
le bord de mer (et constituant le début du marathon)
est le terrain d'entraînement favori de centaines de runners,
qu'ils soient futurs ironmen ou non et ce, de 4h à
19 h !
La portion de mer ou se fait le départ de la course (Le
PIER) permet, là aussi, à de nombreux nageurs
de s'entraîner de 6h à 10h du matin, dans les eaux
chaudes (28°C) du pacifique.
Les cyclistes ne sont pas en reste. Là encore, on frôle
la démesure au niveau du matériel dont s'équipent
les athlètes ! Avec nos " BH ", nous passons
presque pour les " pauvres " du triathlon !
Beaucoup sont munis de vélos spécifiques de chrono,
ainsi que de casques profilés. On a l'impression qu'un
contre la montre du tour de France va avoir lieu, mais avec
près de 2000 cyclistes au départ !!!
La qualité de l'organisation
est exceptionnelle. Des stands de ravitaillement en boisson
énergétique, toujours fraîche et à
volonté, sont disposés dans différents
lieux autour de Kona, et ce, de manière permanente.
Lors des entraînements natation en mer, des kayaks patrouillent,
veillant à la sécurité de chacun. Un parc
pour garder les affaires est prévu, des bénévoles
toujours dévoués distribuent bidons et boissons
énergétiques
Le défilé
des nations (4 jours avant la course) se déroule
en présence d'un public nombreux et très enthousiaste.
Les athlètes représentant les différents
pays (56, je crois) finissent leur marche directement dans
le village des sponsors exposant leurs produits, et le magasin
officiel des souvenirs estampillés IRONMAN
Du coup, presque sans s'en rendre compte, nous suivons le flot
et pénétrons dans l'enceinte de l'énorme
business fait autour de l'événement. Les différents
articles sont littéralement pris d'assaut ! Les files
d'attente au niveau des caisses témoignent, si besoin
en était, de l'énorme " marché "
que représente l'IRONMAN.
Et j'avoue qu'il est difficile de résister, car même
si tout paraît très cher, tout est vraiment très
sympa et de qualité
En ce qui me concerne, j'aborde
la course avec une relative confiance.
Suite à la déception d'Embrun, j'ai à coeur
de me faire plaisir sur ce 2ème rendez vous important
de la saison, et mon niveau de motivation progresse de jour
en jour à l'approche de la course.
Je réussis à bien m'entraîner, surtout en
vélo avec du travail spécifique en vue du parcours.
En revanche, ma blessure au tendon d'achille, qui me fait de
plus en plus souffrir depuis plus d'un an me laisse des interrogations,
surtout les 2 semaines qui précèdent. Suite au
triathlon de Saint Raphael, je ne peux pratiquement plus courir
tant l'inflammation est importante et la douleur persistante.
Je ne peux plus marcher ou courir qu'en boitant
La semaine précédent la course, le simple fait
d'enfiler la chaussure me fait très mal. Malgré
tout, je crois que cela ne me gênera pas trop une fois
dans la course
Je souhaite faire mieux qu'en 2003 (66ème en ayant eu
une pénalité) et être dans les 50 premiers
LA COURSE
:
Les minutes qui précèdent
le départ donnent " la chair de poule ".
On est sur la plus grande course du monde, et de loin. La réalité
est à la hauteur des espérances !
Les 5000 (!!!) bénévoles sont entièrement
dévoués à la cause des athlètes.
Il est à peine 6h30
et déjà, les 1900 athlètes se pressent
vers l'aire de départ. Aucune bousculade, aucune nervosité,
aucun mauvais esprit ne me semble se dégager
Les milliers de spectateurs (cela aussi, ça impressionne
!) sont en complète symbiose avec l'épisode hors
du commun qu'ils vont vivre.
Le speaker, de manière emphatique, fait " monter
la pression ", sur un fond de musique rock en parfaite
adéquation avec la nature de l'événement.
Les 190 athlètes " pros " prennent place dans
le calme sur la ligne de départ, seulement matérialisée
par les " body surfers ". Chacun prend sa place, et
personne ne cherche à " tricher ". Il n'y a
pas d'arbitres et pourtant, tout se passe sans problème.
A 6h45 ils s'élancent, laissant le champ libre aux "
ages groups ". Je vais me placer sur la première
ligne, sans aucun mal. Il faut dire que les athlètes
se répartissent sur une largeur d'environ 200 m
!
Dès lors, l'ambiance devient plus " solennelle "
durant ce quart d'heure qui semble interminable, mais qui n'est
jamais désagréable ! La musique rock a laissé
place à une messe hawaiienne, chantée " à
capella " qui ajoute à l'émotion déjà
présente
Le départ est donné, et la folie commence ! La
densité que l'on connaît sur les courses en France
sur les 100 premiers mètres d'un triathlon courte distance
n'est rien à côté de ce que l'on peut vivre..
la bas !
Durant 3900 m, on nage dans l'écume de ceux qui nous
précèdent et au beau milieu du large ruban de
nageurs qui filent dans les eaux houleuses du pacifique.
Que l'on respire à gauche ou à droite, on aperçoit
presque des nageurs à perte de vue, et , à mon
niveau, c'est la même chose lorsque je lève la
tête .
Cette année, la natation est " dure " car il
y a de la houle mais surtout un courant défavorable sur
tout le retour.
Personnellement, je fais une natation moyenne, conforme aux
sensations ressenties les semaines précédentes.
Les premiers pros sortent en
plus de 53' (entre 47 et 49 habituellement). Je sors en 1h04
.Les 50 derniers mètres obligent à alterner brasse
et crawl tant la densité est importante. Pascal est déjà
sorti depuis 2'
Transition
1 :
Je suis la file discontinue de triathlètes effectuant
la transition le plus vite possible. Sous la tente de change,
c'est l'effervescence. Les bénévoles donnent le
maximum afin que les athlètes perdent le moins de temps
possible. Personne ne semble vouloir perdre la moindre seconde,
et on a le sentiment de participer à un triathlon sprint
!
Je fais tout mon possible pour ne pas trop boiter, car mon tendon
d'achille me fait beaucoup souffrir .
VELO :
Le départ vélo
ressemble plus à un départ des 24h du Mans moto
qu'à un départ de course cycliste d'un ironman,
tant la densité et la vitesse sont grandes !
La sono, le speaker, les spectateurs contribuent à créer
une ambiance " de folie " ! Courir sur les tapis "
ironman ", vélo à la main, dans une telle
ambiance, donne des ailes même à " un boiteux
" comme moi !
Comment, dès lors, partir prudemment dans ces conditions?
Pour l'avoir déjà vécu à 2 reprises,
je savais que les 16 premiers kilomètres du vélo
(un aller retour en ville, dans les rues bordées de barrières
canalisant les milliers de spectateurs ) iraient très
vite.
Je décide de rester " zen ", me contentant
de ne pas trop perdre de places. Durant cette partie, il n'y
a pas de marshall. Les triathlètes semblent constituer
un énorme peloton et le drafting paraît inéluctable
dans cette portion
Ensuite, on se trouve sur la " HIGHWAY ", sorte d'autoroute,
sur laquelle nous allons faire un aller retour sur les
164 km restant !, et ce, pratiquement en ligne droite !
Le parcours vélo est tout à fait particulier.
La route suit le bord de mer ( à distance), mais aussi
le relief naturel constitué de lave solidifiée.
Il n'y a, par conséquent, pratiquement aucune portion
réellement plane. Il s'agit d'une succession de faux
plats (jusqu'à 6% maxi) plus ou moins longs, sur un revêtement
impeccable.
Le vent est très souvent de la partie, et constitue LA
difficulté majeure. Cette année est exceptionnelle
à cet égard : il y a très peu de vent.
De plus, le ciel est couvert, la température est tout
à fait supportable (28°C maxi) et une pluie relativement
abondante fera même son apparition durant 10 à
15 km du parcours.
Dans de telles -favorables- conditions, la partie cycliste n'a
pas permis d'opérer l'habituelle sélection.
J'avais, personnellement, beaucoup
axé ma course sur cette partie cycliste, ayant préparé
consciencieusement l'entraînement dans cette direction
(position, matériel et travail spécifique pour
le chrono). J'avais prévu de faire le vélo au
maximum, doutant de mes capacités à pouvoir courir
correctement !
En réalité, j'ai été complètement
désabusé par la course cycliste qui s'est déroulée
selon en schéma que je n'avais pas du tout envisagé.
La quasi absence de vent, la densité des athlètes,
mais aussi l'instauration de la récente nouvelle règle
concernant le drafting (7m de roue avant à roue avant,
soit 5 m seulement entre 2 vélos !) ont immanquablement
entraîné le phénomène que l'on connaît
malheureusement assez bien : le manque d'équité
entre les athlètes en raison du drafting.
Ceux sont des " paquets " de 40 à 60 cyclistes
qui se sont constitués !
Durant 80 km environ, j'ai " sauté " d'athlètes
en athlètes pour remonter la file indienne, puis fournir
en gros effort pour remonter vers un autre paquet et faire de
même.
Je rattrape Pascal vers le km 40 et lui donne alors, au passage,
mon sentiment sur cette course
De plus, le niveau relativement homogène (et élevé
!) des athlètes, l'abri indéniable constituée
par un cycliste roulant 5 m devant, l'attitude de certains,
m'ont découragé.
A 3 ou 4 reprises, j'ai fait l'effort de rouler " à
fond " sur 10 km, et j'ai vu revenir, au profit de faux
plat descendant, les dizaines d'athlètes que je venais
de doubler !
Las, je décide, sur les 60 derniers kilomètres,
de " couper " mon effort et de faire comme beaucoup
: suivre le rythme de la file indienne dans laquelle je me trouvais
alors. Même si nous respections scrupuleusement la règle
mise en place, il est évident que le phénomène
d'aspiration était bien réel, et j'ai vraiment
rouler " en dedans " durant toute cette partie. L'intensité
de l'effort n'est plus du tout la même, et il est facile
alors de rouler à 40 km/ h dans ces conditions
Je ne veux pas, au travers de ces propos chercher des excuses,
jouer les éternels insatisfaits, d'autant que cela n'aurait
pas changé grand chose pour moi (au vu du marathon que
j'ai effectué) ! Mais je suis surtout déçu,
pour le triathlon en général, et cette course
en particulier, que j'ai connu avec des règles différentes
Dans ce genre de situation, il est évident que certains
athlètes en profitent beaucoup plus que d'autres ; et
cela n'est pas acceptable.
Après avoir " pesté " à plusieurs
reprises après certains athlètes qui m'ont agacé
par leur comportement (drafting), j'ai " jeté l'éponge
", je n'ai plus rien dit, mais ce que j'ai vu m'a déçu
et déconcentré pour poursuivre l'effort sur le
vélo.
Je pose le vélo en 109ème position au beau milieu
du paquet dans lequel je me situais. Le temps, 4h51, s'il peut
paraître " intéressant " dans l'absolu,
pour moi, ne veut pas dire grand chose, étant donné
le contexte (les athlètes ayant réalisé
moins de 5h ont été très nombreux, alors
que d'habitude, cela est rare ).
Transition 2:
Durant les 60 derniers km vélo je me suis surtout reconcentré
sur la course à pied, en me disant qu'en économisant
de la force sur le vélo, cela permettrait de bien courir.
Je croyais très sincèrement que le tendon me laisserait
tranquille (comme cela avait été le cas à
Embrun), et était très confiant à ce niveau.
Course à
pied :
Comme je m'y attendais, les 10 premières minutes ont
été très dures tant la douleur me tenaillait
au niveau du tendon.
Mais, contrairement à ce que je pensais, jamais celle
ci ne m'a lâché par la suite. C'est en " clodiquant
" que je vais traîner la patte durant près
de 4h, alternant course (à 12km/H maxi) et marche afin
de soulager un peu la douleur..
Et , dans ces conditions, c'est une file presque ininterrompue
d'athlètes qui va me doubler. Jamais je n'avais vécu
des moments comme ceux là ! J'ai eu le sentiment d'être
" un naufragé " parmi ces athlètes en
train de vivre intensément la plus grande course de leur
saison, et pour certains, de leur carrière !
Je n'ai que très peu songé à l'abandon,
car c'est malgré tout un cas de figure que j'avais envisagé
et qu'il ne m'était pas concevable de ne pas franchir
la ligne d'arrivée après l'abandon de 2004 !
Plus de 250 athlètes me passeront ainsi, et ça,
c'est très impressionnant ! Beaucoup de filles, mais
aussi des ages groupes dont certains dépassent la cinquantaine
(les ages sont inscrits sur un mollet) !
Pascal me double vers le Km 14, on s'encourage l'un l'autre.
Je franchis donc la ligne, soulagé (c'est un euphémisme
!) d'en finir, au contact d'athlètes qui franchissent
le portique d'arrivée " fous de joie ".
Je suis dans un état d'esprit un peu étrange,
pas réellement déçu, mais un peu désemparé,
avec l'impression de ne pas avoir participé à
la même fête que les autres
Après
la course :
Sitôt la ligne franchie, 2 bénévoles nous
prennent complètement en charge..
Je rejoins Pascal avec qui nous échangeons sur le déroulement
de nos courses respectives, puis nous rentrons nous doucher
et nous changer.
Très vite, nous revenons sur la ligne d'arrivée,
vivre l'ambiance qui accompagne ceux qui vont arriver de nuit
(la nuit tombe tôt (à 18h soit seulement) après
11h de course, alors que la clôture des arrivée
est prévue à 00h !).
Les écrans géants, le couloir et le portique d'arrivée,
les photographes, les caméras de télé,
la sono, le speaker de folie, les spectateurs nous permettent
de vivre une ambiance incroyable.. On en prend plein les oreilles
et plein les yeux !
Jusqu'au dernier, la foule sera aussi nombreuse et ça,
c'est quelque chose de très fort !
BILAN :
Je ne regrette pas d'avoir fait le choix, après avoir
bien sur hésité, d'être retourné
cette année à HAWAII.
Ma plus grosse motivation a été
d'accompagner mon ami et camarade de club, Pascal, afin
de vivre ensemble une aventure humaine tout de même hors
du commun !
Je suis, en revanche, très déçu de la partie
vélo car j'avais fait une grosse préparation à
ce niveau et aurait souhaité " investir " cela,
dans des conditions différentes
HAWAII 2006 restera tout de même un moment fort, une expérience
enrichissante, humainement et sportivement.
Pascal réalise une bonne course, même si sa saison
chargée lui aura certainement coûté de précieuses
minutes, notamment sur la partie course à pied, et par
la même une place qu'il aurait mérité parmi
les 5premiers de la catégorie (5 récompensés
lors de la remise des prix). Le fait qu'il ait réussi
une bonne course me fait plaisir et me permet d'oublier un peu
la mienne !
LES + :
- L'exceptionnelle qualité de l'organisation :
o Les bénévoles très nombreux et incroyablement
dévoués ;
o Les ravitaillements avant, après et surtout pendant
la course : qualité et quantité irréprochable
§ Vélo : Tous les 10 miles, bidons d'eau, de boisson
énergétiques, gels, aliments solides
§ CAP : tous les 1,5 miles : eau, éponges, énergie,
solides, coca, énergie, eau et éponges et glaçons
!!!!
La prise en charge au moment du retrait des dossards
Les parcs et tentes de change très bien organisés
- La natation dans les eaux chaudes et claires du pacifique
;
- Le marathon très dur en raison de la chaleur, du degré
d'hygrométrie, mais aussi du dénivelé et
surtout de sa difficulté " psychologique "
de part sa configuration (2 aller retour sur de longues lignes
droites et une route large)
- L'ambiance festive, la réelle ferveur du public qui
permettent de vivre des moments magiques
- L'humilité que l'on gagne en raison à la difficulté
de la course et surtout du niveau incroyablement élevé
ici !
LES - :
- Le gigantisme, la " réussite ", le business,
le tout peut paraître " too much " aux yeux
de certains.
- La nouvelle règle concernant le drafting. Je défends
le retour à l'ancienne règle et des marshalls
intransigeants pour la faire respecter !
- La partie " aire de repos et de ravito " d'après
course, submergée d'accompagnateurs qui ont rendu cette
" aire " presque irrespirable ; y limiter l'accès
me paraît indispensable !
- La remise des prix cette année un peu décevant
car trop longue et noyée sous des discours " pompeux
" et superficiels
Je tiens à remercier tous ceux qui ont pensé à
Pascal et moi même, à ma famille, à Luc,
Jean Louis, Philippe et à tous les autres
Merci au soutient de l'OSV, essentiel pour moi, surtout d'un
point de vue " humain "
Merci aussi pour les messages qui m'ont été adressé
après la course, et qui m'ont beaucoup touché,
et ce, malgré le piètre résultat.
Je ne participerai pas à HAWAII l'an prochain, mais peut
être une dernière fois en 2008
Eric
Le 17/10:
Salut à tous les TGVR de la métropole !
Ici, les conditions météo habituelles sont réunies:
+ de 30°C, vent fort, degré hygrométrique
proche de 90 %.On croise toute la
journée des gaillards d'1m90 batis comme des armoires,
affutés comme des fous, avec des vélos, casques
de chrono.. On a
l'impression qu'ils vont tous rouler en 4h30 et emmenner le
54*11!!!
En natation, la mer est très agitée, c'est super
dur de nager
Le parcours vélo est toujours aussi impressionnant avec
des lignes droites interminables, jamais de plat mais une succession
de faux plats , du vent qui semble toujours défavorables
(en tout cas souvent de travers)
En course à pied, le moindre footing se transforme très
vite en une séance de sauna..bref, tout celà n'est
pas pour rassurer et donner confiance avant la course !!
Pascal est prêt à tout casser, il veut leur "casser
la bouche". (du Dumonceau dans le texte)
Il n'a peur de rien est va aller au "fight" les yeux
fermés..
Pour ma part, j'ai très mal au tendon, et me demande
si je vais pouvoir courir !!
Au fait, sur la photo, nous sommes avec Chabaud, avec qui nous
avons partagé l'appart 2 jours et Benoit Racadot (futur-ex
dijonnais.)
A Plus
Eric
PS: Au sujet du tremblement de terre, on était sur le
vélo à ce moment là, donc les vibrations
ont été amorties..Mais ceux qui étaient
ds les habitations ont eu des frayeurs !
Peu de dégats vers chez nous. Sur le parcours, qq blocs
de roches sont tompbés et la route est fissurées
vers le demi tour"